Après la provocation de l’armée marocaine dans les camps sahraouis :Climat insurrectionnel à El Ayoun
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- Catégorie : International
- Publié le Jeudi, 29 Septembre 2011 16:44

Après la provocation de l’armée marocaine dans les camps sahraouis :Climat insurrectionnel à El Ayoun
Un mort ? Dix morts ? On ne le saura peut-être jamais. Mais qu’importe le nombre face à la formidable expédition punitive commise hier à l’aube par les forces marocaines terrestres et héliportées contre les Sahraouis du «camp de la liberté», Gdim Izik, situé à 12 km de la ville d’El Ayoun occupée. Il était quasiment impossible de confirmer hier le bilan du raid marocain tant les estimations oscillaient entre «une centaine» de blessés et une «dizaine» de morts.
Babi Mahmoud Gargar est la première victime déclarée de la «bataille d’El Ayoun» . Un témoin confie à El Watan, depuis son hôtel, qu’il y aurait huit morts. La délégation du Polisario à New York n’a pas cédé à la provocation et a entamé les négociations sous l’égide de l’ONU.Une source officielle sahraouie a confirmé tout de même la mort du jeune Babi Mahmoud Gargar. Du côté de l’agresseur, les autorités parlent de trois victimes, toutes marocaines, à savoir un policier, un gendarme et un sapeur-pompier. Une touriste française a confié par téléphone à El Watan qu’il y aurait «au moins huit morts» (voir encadré). Mais au-delà des chiffres, il faut souligner cette dérive dangereuse des forces de sécurité marocaines qui n’ont pas hésité à dégainer contre des milliers de Sahraouis qui dormaient dans leurs camps d’infortune. Le makhzen a mis à contribution des unités de l’armée, des policiers et des gendarmes dans cette attaque unique en son genre depuis le cessez-le-feu conclu en 1991. C’est un climat insurrectionnel qu’offrait hier la ville d’El Ayoun. Le bras armé de sa majesté a livré une bataille à huis clos contre ceux qu’il présente comme étant ses sujets. Par la force de la baïonnette. Le Maroc semble avoir préparé l’assaut puisque El Ayoun a été vidée préalablement de tous les journalistes étrangers et des sympathisants de la cause sahraouie, histoire de réprimer sans images.
La bataille d’El Ayoun Mais c’est compter sans les nouvelles technologies et les réseaux sociaux grâce auxquels le monde a pu découvrir en «live» l’armada marocaine faite de troupes au sol et des hélicoptères qui larguaient des bombes lacrymogènes. On a pu voir sur des photos et des vidéos amateurs des colonnes de fumée noire qui s’élevaient, des véhicules carbonisés et des corps affalés sur la voie publique. On a distingué aussi des femmes et des enfants allant dans tous les sens et arborant le «V» de la victoire face aux forces de répression marocaines. Ce sont là quelques scènes de ces événements tragiques qui ont été «volées» par certains intrépides témoins de l’horreur en guise de témoignages d’une attaque que le Maroc voulait passer sous silence. Raté cette fois ! C’est là une dérive guerrière dont le makhzen porte l’entière responsabilité alors que les Sahraouis vivant dans les territoires occupés manifestaient pacifiquement depuis près d’un mois contre leurs conditions intenables de parias de sa majesté. Pourquoi donc le Maroc a jugé utile de passer à l’acte hier précisément ? Difficile de ne pas y voir une volonté de faire avorter la reprise des discussions informelles à New York sous l’égide de l’ONU. Le bon sens aurait voulu, en effet, que le Maroc enterre sa hache de guerre le temps que ce round de négociation prenne fin, histoire de sauver la face. Or la violence de l’assaut d’hier dénote de la panique qui s’est emparée du royaume face à la grande mobilisation des Sahraouis des territoires occupés pour leur cause, l’autodétermination. Et c’est là le grand échec du roi et du royaume à faire revenir des «sujets» fuyants à de meilleurs sentiments depuis le cessez-le-feu de 1991. Et faute de pouvoir les ramener sous son trône par l’argent, le jeune roi, paniqué, opte pour la manière forte.
Provocation avortée Face à cette provocation, le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, a appelé le secrétaire général de l’ONU à une intervention «urgente» des Nations unies face à une menace d’escalade militaire marocaine contre les Sahraouis qui pourrait déboucher sur «un nouveau crime contre l’humanité». Pour autant, le Polisario n’a pas cédé à la provocation marocaine puisque sa délégation à Long Island, près de New York, a entamé les négociations, comme l’a confirmé hier un communiqué de l’ONU, un communiqué de l’ONU. «C’est un acte délibéré pour faire dérailler les négociations qui devaient commencer aujourd’hui (hier, ndlr). C’est un acte condamnable dont les conséquences sont sérieuses. J’espère que le Conseil de sécurité de l’ONU se saisira de cette affaire», a déclaré l’un des négociateurs, Mohamed Boukhari. Pendant ce temps, la bataille qui fait rage à El Ayoun n’a pas encore livré tous ses secrets.
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